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 Ma vie de HP

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MAMMOUTH
Membre


Date d'inscription: 16/09/2008

MessageSujet: Ma vie de HP   Dim 22 Nov - 20:53

Bonjour à tous,

Il y a quelques temps je suis passé sur ce forum et je m’y suis également inscrit, mais sans jamais vraiment poster quoique ce soit. Je vais essayer de me rattraper !^^
J’étais dans une phase de « digestion » de ce que je suis, une phase de prise en main de ma vraie nature, d’interrogations et de réponses.
Depuis deux ans ma vie c’est radicalement transformée!
Vous l’aurez compris je suis HP, pour reprendre le terme employé sur ce forum pour nous désigner, même si je préfère « arborescent » !
Mon passé est lourd, mais très loin déjà ! (désolé si vous ne comprenez pas tout, j’ai du mal à exprimer ce que je ressens où ce que je sais).
J’ai été élevé dans une famille classique, avec un père travaillant et une mère au foyer ! Mon enfance n’a pas été spécialement heureuse. J’ai toujours été incompris, mis sur la touche, écarté, et parfois « bousculé » (j’aime mieux ce terme que d’autres plus violent). Mes parents ont été durs avec moi : un homme ne pleure pas, en gros j’ai du être fort dès mon plus jeune âge. Heureusement pour moi j’ai un « caractère », et j’ai résisté. Je me suis durcit au fil du temps jusqu’à ne plus rien ressentir (du moins c’est ce que je pensais, car tous mes actes étaient dictés en fait par mon fort ressenti). J’ai vécu ainsi sans amour et sans marque d’affection pendant toute mon enfance.
J’ai enfermé mes sentiments dans une bulle, je me suis créé mon univers, seul dans mon coin jusqu’à obtenir ma majorité. Les coups et les punitions n’avaient plus d’emprises sur moi, je voyais toujours le bon côté des choses et les avantages que je pouvais tirer de ces « brimades ». A l’école ce fut la même chose, manque de chance pour moi j’ai été petit et chétif très longtemps. J’ai donc subi jusqu’à la fin les ennuis que les plus costauds pouvaient créer à un être humain bizarre, pas comme eux.
Au final j’ai traversé toutes ces années en adoptant un profil bas, qui n’attire pas l’attention, et à l’écart des autres. En attendant le grand jour…

A 18 ans, juste après avoir obtenu le bac, avec mention et les mains dans les poches, je me suis engagé à l’armée, seule solution pour moi de quitter le foyer familial alors que je n’avais pas toute la maturité nécessaire pour vivre seul (je ne savais pas par exemple que la Caf, la cpam, ou d’autres organismes existaient, mes parents ne m’ont jamais rien expliqué). J’ai alors été pris en main par l’armée, qui après m’avoir fait passer quantité de tests pendant les trois jours d’aptitude, a été très surprise par mes résultats : tout était au maximum. Ils n’ont donc pas voulu de moi comme simple engagé volontaire, et m’ont envoyé directement en école de sous officier à Saint Maixent pendant six mois. Où finalement je n’ai pas vraiment brillé. Pour moi ce n’était pas l’armée, du moins l’image que je m’en faisais. On a peu connu le terrain, les activités sportives et tout ce qui aurait du être dur ! Et pourtant je voyais les autres avoir du mal, surtout en cours (eh oui j’avais l’impression de me retrouver encore au lycée). Du coup je n’ai pas fait grand-chose et je suis ressorti de cette école dans les derniers de ma promotion. Ensuite je suis parti à Saumur en école de cavalerie pour devenir chef de char, et là enfin j’ai été dans une très bonne période ! Je me suis totalement affranchis de mes parents et surtout de l’emprise qu’avait ma mère sur moi et j’ai pu m’épanouir totalement dans ce que j’aurais du ressentir comme très dur ! Mes collègues apprentis chef de char en bavait vraiment alors que moi j’étais presque comme un poisson dans l’eau ! Même en stage commando, je n’ai pas vraiment été « choqué », et pourtant j’énervais les instructeurs car ils n’arrivaient pas à me faire flancher. Mon corps s’est adapté à toutes les contraintes physiques et je suis devenu alors ultra résistant. Et comme je l’étais déjà mentalement, j’ai pris une assurance qui en déboussole plus d’un encore aujourd’hui. En gros j’ai muri « d’un coup » ! A Saumur, mes résultats ont été bien meilleurs, et je suis même sorti major de promotion, et j’ai donc pu choisir mon affectation. Choix qui en a étonné plus d’un : j’ai demandé un régiment dans l’infanterie mécanisée en Allemagne, au lieu de choisir les régiments de char de marine beaucoup plus prestigieux. J’ai d’ailleurs du subir les remarques très déplaisantes du général venu assister « aux festivités ». C’est seulement après que je me suis rendu compte que j’avais insulté par mon choix l’arme blindée cavalerie (le régiment choisit était plutôt dévolu au dernier généralement, il était pour les refoulés de la cavalerie !). Mais pour moi mon choix était logique : c’était le régiment le plus éloigné du domicile familial.
J’étais, comme même pendant ces périodes, déphasé par rapport aux autres. Pas comme eux ! Ils en sont venus même à me craindre. Je ne reculais plus devant rien, ni personne, ce qui est toujours le cas aujourd’hui ! Ni physiquement, ni intellectuellement ! Ils en sont arrivés à me surnommer le furieux ! J’étais increvable à la tache, irréprochable, toujours droit, plus militaire que militaire !
Dans ma nouvelle affectation je ne me suis pas vraiment intégré, j’étais trop différent pour les autres sergents. Je me plaisais dans le travail, les livres techniques et la dissection de mon char, le commandement des hommes et surtout l’instruction des appelés! Mes officiers ont eu beaucoup de mal avec moi. J’ai toujours réussi à leur « passer au dessus », en étant plus réactifs qu’eux, en anticipant tout à l’avance, en résistant mieux qu’eux… et ce fut le problème : comment estimer et se faire commander par des hommes, des officiers qui ne peuvent pas plus que nous même. Je voyais leur défaut leur faiblesse, et je m’engouffrais dedans s’ils avaient le malheur de me chercher un tout petit peu. Et ce fut le cas si souvent. Comment pouvaient-ils bien sur se faire marcher dessus sans broncher par un jeune de 20 ans ! Le problème c’est que je ne cherchais pas à les écraser mais à les aider. Je voyais ce qu’ils faisaient comme erreurs et moi je leur signalais pour éviter une catastrophe et faire en sorte que la compagnie brille aux vues du reste du régiment. J’ai donc été incompris par ma hiérarchie, alors que j’étais souvent très apprécié par mes hommes de troupes qui voyaient en moi un meneur d’homme exigeant mais juste et surtout humain dans la prise en compte de ce qu’ils étaient ! C’était si facile de voir qui souffrait, qui avait des facilités, qui il fallait rudoyer pour obtenir le meilleur de lui ou au contraire ménager !
L’armée voulait me faire passer officier après que justement j’ai du passer un test de QI. Mais comme j’ai répondu simplement au commandant qui me questionnais : pas question de ressembler à ceux qui me commande ! LOL
Au final j’ai quitté l’armée à 23 ans à la fin de mon contrat après avoir commandé des jeunes souvent plus âgés que moi. J’avais acquis une maturité suffisante pour me débrouiller seul dans le monde actuel. Dans cette vie militaire j’ai eu des hauts et des bas. Je passerais d’ailleurs sur des épisodes plutôt déplaisants (et sans doute pas complètement digérés).

A ma sortie de l’armée, je n’ai pas suivi les formations qu’on voulait m’infliger pour ma réintégration dans le monde civil.
Je me suis installé près du seul lieu où je me suis senti apaisé dans ma vie et sans doute heureux. Là où se trouvait la ferme de mes grands parents (disparus malheureusement trop tôt). Je suis allé ensuite à l’université tout en travaillant de nuit ou le soir ! Mais je ne suis jamais resté très longtemps dans les différents emplois, à cause de l’ennui et encore à cause de mes relations avec ma hiérarchie (vraiment trop bête et trop inhumaine !). Aujourd’hui, je plains ces pauvres personnes que j’ai rudoyées si sévèrement à chaque départ !
A la fac, ça a été plutôt facile. Je n’ai rencontré aucune difficulté. J’ai continué à progresser sans jamais fournir d’effort ni de travail d’ailleurs. Du moins jusqu’à la maitrise et le DEA, où j’ai pu alors montrer de quoi j’étais capable seul.
J’ai fait des études d’histoire et d’archéologie. Sans doute au début pour connaitre mes origines. Pour savoir qui j’étais, d’où je venais et comment je devais me situer dans ce monde. Ensuite pour enseigner, pour aider les autres dans la compréhension de notre monde !
Quel naïf j’ai été, comme si les autres pouvaient le capter !
Donc je suis devenu enseignant, simple remplaçant au début. Ca m’a permis de continuer mes recherches puis de préparer les concours. Mais dès le début je ne ressemblais pas aux autres profs ! Ils avaient beaucoup de mal avec les élèves, alors que ça n’a jamais été le cas pour moi. Par contre les relations avec eux étaient plutôt tendues. C’est le remplaçant qui leur disait comment faire. C’est le remplaçant qui intervenait dans une classe pour faire la grosse voix pour la calmer à la place de l’enseignante complètement perdue ! Leur amour propre forcément était blessé ! Et pourtant moi je ne voulais qu’aider ! Mes collègues en sont venus à me craindre, idem pour les directeurs !
Aujourd’hui je sais pourquoi l’éducation nationale est en quasi échec : ils ont embauché des idiots qui recrachent leurs livres étudiés, sans esprits critiques et sans les qualités nécessaires au bon pédagogue ! La plupart de ceux que j’ai connus n’ont même pas l’autorité suffisante pour tenir leur classe… Bon j’arrête de les enfoncer !^^
Donc malgré tout ça j’ai fini par passer les concours ! Et la ça a été le choc !
L’écris a été plutôt moyen, alors que j’avais écris des choses plus que sensées ! Mais bon passons, c’est l’oral qui est intéressant ici ! J’ai eu du mal à comprendre leur question. Elles manquaient de précision et il a fallu à mon tour que je questionne les membres du jury pour « clarifier » ce qu’ils demandaient. J’étais éberlué par ce « niveau » si faible de leur question et eux étaient agacés par mes remises en questions permanentes de leur propos. A la dernière épreuve, je suis tombé sur un sujet hyper simple : comment le géographe analyse t il la ville ? Pourtant en géographie, on ne parle pas de ville mais d’agglomération. La ville c’est bon pour l’INSEE ! En tout cas c’est ce que j’ai dis à la géographe qui était là et qui a piqué un phare ! Ensuite j’ai démontré l’impossibilité d’utiliser réellement les schémas et les concepts qu’on utilise justement pour analyser une ville. J’ai démontré très justement les faiblesses des procédés utilisés !
Et là j’ai vu la géographe s’énerver et hausser le ton en me disant que je n’avais pas à remettre en question le travail de 100 ans de recherche ! Et là j’ai pris conscience du fossé qui me séparait d’elle ! Et de mes collègues ! Et des gens en général ! Et de ma famille ! De tout le monde… mais je me suis pas laisser faire, j’ai haussé le ton aussi et elle a tourné la tête. Ensuite j’ai démonté l’historienne qui a pris le relais et le pauvre gars au milieu n’a pas osé dire quelque chose de travers. Il est resté tout simple avec ses questions toutes simples sur l’éducation civique.
Ils m’ont pris de haut comme tous les enseignants ont tendance à le faire avec la plupart des gens (du moins ceux que j’ai connu) avec un manque d’humilité évident ! Franchement si j’avais été à leur place j’aurais applaudis une personne capable de remettre en question ce qui a déjà été dis ! Mais bon je ne suis pas le jury. Du coup j’ai eu 1/20… et du coup je n’ai pas eu le capes… et je n’ai pas retenté ça aurait été une perte de temps évidente. Non seulement mes collègues ne sont pas comme moi mais les élèves n’ont plus et je pense aujourd’hui que mon enseignement était trop compliqué pour eux. Ces jeunes appréciaient mes cours, je les voyais boire mes paroles, ne pas réagir quand ça sonnait, mais je sais aujourd’hui qu’ils ne sont pas capables de capter toutes les facettes des problèmes que je leur présentais. Du coup à quoi ressemblerait mon enseignement s’il devait poursuivre ? A celui des autres profs ? J’en suis incapable, faire un cours basique ce n’est pas pour moi !
Et du coup j’ai tout lâché, même mes recherches à l’université (doctorat) n’ont plus de goût. Je voulais tant aider, apporter mes connaissances afin qu’ils n’aient pas les mêmes carences que moi. Personnellement j’ai toujours été en attente d’explications ! Mais en fait les gens ne veulent pas être aidés. Du coup j’ai arrêté de leur dire ce qui n’allait pas chez eux ! Et je m’en suis encore plus détaché… j’ai le sentiment aujourd’hui qu’ils sont déjà morts (je ne sais pas encore pourquoi).
Un point que je n’ai pas abordé jusqu’ici ce sont mes relations avec les femmes. J’ai été plutôt un cavaleur jusqu’à mes 25 ans jusqu’à ce que je comprenne que je faisais souffrir les filles pour me venger de ma mère. Ensuite j’ai eu deux histoires qui ont duré, une de 2 ans et demi et une de 9 ans. La première s’est fini quand j’ai arrêté d’être un portefeuille ! Et la deuxième quand je lui ai demandé de se « bouger », donc de quitter son canapé et sa télé ; et du coup elle est partie avec sa télé, en me laissant mes deux filles (mes deux rayons de soleil).
J’ai toujours attiré des femmes filles qui cherchent un pilier pour s’appuyer, alors que moi j’attendais une femme qui serait à égalité avec moi, avec cette fameuse idée de l’égalité des sexes ! Est-ce une illusion d’espérer ?
Ca fait plus d’un an que je suis seul, et malgré les femmes qui essaient de m’approcher je ne suis guère tenté ! C’est qu’elles ne sont pas comme moi ! Comment faire ?
Je n’ai pas envie de rester seul, car j’ai un très gros besoin affectif, même si je le contrôle, même si je le « range » dans un petit coin… car je sais que c’est ma faille… du coup je laisse les femmes loin de moi. Pourtant j’espère vraiment trouver quelqu’un comme moi (HP)… Mais comment faire confiance aujourd’hui !
Au niveau professionnel, j’ai fini par me mettre à mon compte (comme ça pas de chef sans envergure à supporter) je fais de l’achat vente sur internet dans le domaine des antiquités, et je suis en train de créer une autre petite entreprise d’informatique… deux emplois très éloignés de ce que j’ai pu faire auparavant..
Je me suis fait aussi des amis « comme moi » depuis deux ans (depuis la capes raté) et je suis moins isolé. D’ailleurs pour aider ceux qui sont HP je pense aussi créer mon association pour les regrouper !

Au final ma prise de conscience de ce que je suis et surtout de ma réelle hypersensibilité a transformé ma vie. Celle que j’ai aujourd’hui ressemble à ce que je suis. Elle est en accord avec moi-même et pas à l’image de ce que tout le monde s’attendrait à voir ! A 36 ans je pense aujourd’hui être sur la bonne voie…

Oups, j’ai beaucoup écris, ça va je vous ai pas trop assommé ?
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MAMMOUTH
Membre


Date d'inscription: 16/09/2008

MessageSujet: Re: Ma vie de HP   Mar 24 Nov - 13:26

WOW j'ai du vous donner un sacré coup de massue !!!
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Basho
Membre


Age: 27
Date d'inscription: 24/10/2009

MessageSujet: Re: Ma vie de HP   Mer 25 Nov - 2:08

Ce qui est bien pour un mammouth! Logiquement tu es censé en recevoir, alors d'en mettre un de temps en temps, ce n'est que justice!

il est tard, je suis fatigué, mais j'ai réussi à lire ton récit en entier et deux choses m'ont inspirées:

-ton comportement dans ta période militaire m'a fait penser à un samurai rambo

-ta tentative dans l'enseignement m'a fait penser qu'avec au moins un prof comme ça je ne serai pas sortit du système !
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MAMMOUTH
Membre


Date d'inscription: 16/09/2008

MessageSujet: Re: Ma vie de HP   Ven 27 Nov - 15:11

-ta tentative dans l'enseignement m'a fait penser qu'avec au moins un prof comme ça je ne serai pas sortit du système ![/quote]


Les profs comme moi ne restent pas dans le système !!! Car le système est linéaire, trop différent de nous ! Je ne pouvais plus supporté à la fin la suffisance de mes collègues !

Quand je pense que je me suis lancé dans des études et l'enseignement pour me retrouvé dans un milieu intellectuel ! Même à la Fac, j'ai été déçu !
Les enseignants chercheurs ne sont pas comme nous. En tout cas j'ai pas eu la chance de tomber sur un HP à l'université ! (seulement un très bon ami que j'ai aujourd'hui).

Je ne rentre pas dans les "cadres" proposés. Où alors il faudrait que je "trahisse" ma nature et que je ferme ma g... ! Et là je sais par exepérience que j'en suis incapable !
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