J'ai cru remarquer que le sentiment des autres élèves à mon égard était souvent un sentiment d'injustice.
Ils trouvaient injuste que je passe en ne faisant ostensiblement rien, et pire encore, les profs avaient eu l'idée bizarre de me donner les encouragements et ça m'a été reproché. Surtout par un jeune homme plutôt bon qui ne les avait pas eus. J'ai eu beau dire que je n'étais pas responsable du jugement des profs, ça ne passait pas.
J'en ai vu l'étendue à la fin de la terminale, à la fête d'après bac de la classe...
On m'a demandé si j'avais eu une mention, j'ai répondu que non, et ils se sont exclamés "Enfin il y a une justice". Dans l'ambiance de la fête ça faisait tache, j'ai eu du mal à digérer.
Et puis j'ai appris que quelqu'un qui n'avait pas eu le bac cette année m'en voulait même de l'avoir eu. Il avait transmis ses récriminations à ma soeur, qui était dans sa classe l'année d'après. Là je me suis dit que le monde marchait sur la tête ; je crystalisais les rancoeurs dues aux efforts non récompensés et du coup tout me retombait dessus, merci. Alors que je ne demandais rien à personne moi.
Puis à côté j'ai eu le comportement inverse, des élèves qui voulaient se comporter en coach. J'en ai eu deux - trois comme ça qui me prenaient régulièrement entre 4 yeux pour me dire que j'étais intelligente et que je devais bosser. C'est très flatteur mais pas bien efficace, vu que je n'en faisais qu'à ma tête.
Bref, ça oscille, mais j'ai une image plutôt positive. Je comprends leurs réactions et je sais qu'aucun n'était mal attentionné malgré les piques. Puis je les ai vus faire des tentatives pour m'intégrer, même s'ils ne savaient pas trop par où me prendre, et ça c'était sympa.