SUITE :
A partir d'une question : il faut alors poser une question, lâcher prise et écouter son intuition. On peut utiliser le principe de synchronicité également pour obtenir un conseil ou une aide éclairante en posant la question claire et honnête avec l'intention de connaître la réponse, en lâchant prise et en s'ouvrant à son environnement : en écoutant son intuition
Les rêves [modifier]
Selon les analystes jungiens, les rêves sont une matière intéressante.
Ils fournissent des images et des scénarios qui peuvent être intéressants à étudier pour tenter de mettre à jour un sens aux messages et aux combinaisons oniriques de notre inconscient. Accorder de l'attention aux rêves, c'est encourager son mental à prêter attention aux détails de son existence, et cela aide à intégrer les messages inconscients à son vécu conscient,[1] et d'être ainsi plus à l'écoute des coïncidences et des synchronicités. C'est un travail de conscientisation.
Article détaillé : Rêve (psychologie analytique).
En 1916 Carl Gustav Jung publie Allgemeine Gesichtspunkte zur Psychologie des Traumes (Points de vues généraux de la psychologie du rêve) où il développe sa propre compréhension des rêves qui diffère beaucoup de celle de Freud. Pour lui, les rêves sont aussi une porte ouverte sur l'inconscient, mais il élargit leurs fonctions par rapport à Freud. Selon Jung, une des principale fonction du rêve est de contribuer à l'équilibre psychique. Il constate que tout ce que nous vivons dans la journée n’arrive pas dans la conscience.
Ce travail de conscientisation a de l'intéret pour une personne dans la mesure où elle lui permet de devenir plus adulte. C'est que l'on nomme l'individuation.
Développements sur le concept [modifier]
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Rappel historique [modifier]
C'est un jeune biologiste autrichien du nom de Paul Kammerer qui fut le premier scientifique moderne (avant Jung) à regarder les coïncidences sous un œil non-mécaniste.
Dès 1900, et pendant plusieurs années, il note des observations de coïncidences. En 1919, il publie la conclusion de son travail qui décrit l'univers dans lequel on vit comme un « monde mosaïque, qui, malgré de constants mouvements et réarrangements, vise à réunir les choses semblables ».[2].
Jung, aidé du physicien Wolfgang Ernst Pauli, approfondira les travaux de Kammerer, en définissant le concept de synchronicité et en décrivant les liens qu'il y a avec les processus de l'inconscient.
Pauli & Carl Gustav Jung ont dialogué pendant de nombreuses années.[3] Pauli a suivi dans les années trente une cure analytique avec l'un des élèves de Jung, cure dont la série de rêves a été étudiée par Jung lui-même dans Psychologie et Alchimie.
Dans les sciences [modifier]
Le caractère non-reproductible des exemples de synchronicité fait que le concept n'a pas eu de fécondité particulière dans le domaine scientifique. On ne peut pas le considérer aujourd'hui comme scientifiquement validé.
Psychanalyse [modifier]
Le concept de synchronicité, mis en avant par Jung est utilisé en thérapie par les psychanalystes du courant jungien (psychologie analytique). Les autres écoles de psychanalyse (freudienne, lacannienne, etc.) ne reconnaissent pas de pertinence à ce concept.
Psychothérapies transpersonnelles [modifier]
Le courant de la psychologie transpersonnelle, né dans les années 1970 en Californie, proche des préoccupations du courant New Age originel, est marqué par l'influence importante de Jung et attache une grande importance à la synchronicité.
Littérature et paranormal [modifier]
La synchronicité suscite un certain intérêt dans le courant qui aborde souvent le thème des pouvoirs "psi" : télépathie, les prémonitions, médiumnité, etc. Le best-seller de James Redfield "La Prophétie des Andes" et ses nombreuses suites est basé entièrement sur l'hypothèse que les synchronicités et les coincidences ouvrent de nouvelles voies spirituelles et représentent un éclairage de la destinée. Il en va de même pour le roman L'Alchimiste, de Paulo Coelho. L'observation des synchronicités est une pratique qui est devenue commune ces dernières années à un certain nombre de personnes qui sont sur un chemin ou une voie spirituelle de conscientisation et mettent l'accent sur l'attention dans la vie quotidienne.
Domaine artistique [modifier]
En 1983, le groupe de rock The Police a sorti un album intitulé Synchronicity; dont la chanson éponyme disait : "Effect without a cause / Sub-atomic laws / scientific pause / Synchronicity"
Critiques du concept [modifier]
Causalité vs. acausalité [modifier]
La causalité fait partie des lois naturelles connues, or, la synchronicité est, par définition, acausale. Son existence réelle est donc mise en doute, du moins selon une vision uniquement déterministe du monde.
L'astrophysicien Hubert Reeves qualifie de "risquée" l'exploration de l'acausalité puisqu'un « événement est dit acausal jusqu’à ce qu’on ait découvert sa cause. C’est-à-dire son appartenance au monde des causes et des effets. » Il conclut alors: « L’histoire des sciences c’est, en définitive, la liste des relations causales découvertes successivement entre des objets apparemment sans relation. »[4]
La synchronicité, objet pseudo-scientifique [modifier]
Article détaillé : Pseudo-science.
Le concept de synchronicité n'est pas, au sens de Popper, réfutable, au même titre d'ailleurs que la psychanalyse elle-même (cf critique épistémologique de la psychanalyse). Même si une théorie ou un concept pseudo-scientifique n'est pas nécessairement faux, cette question entâche sérieusement la netteté du concept.
Le concept de synchronicité couvre une large partie des critères permettant de caractériser une pseudo-science, notamment :
Un protocole expérimental invalide : il ne s'agit pas d'émettre une hypothèse puis de la vérifier, en prédisant un évènement, puis en vérifiant s'il est apparu ou non. Il s'agit ici de choisir parmi un vaste ensemble de coïncidences acausales (dont certaines se sont produites) un résultat intéressant. Il est alors facile de valider la théorie mais c'est un biais expérimental.
L'impossibilité de réfuter la théorie : ce point découle directement du précédent. Il n'est pas possible de dire que cette théorie est fausse puisqu'elle n'est pas assez cadrée expérimentalement.
Le choix d'une théorie arbitraire face à une explication simple : le rasoir d'Ockham (aussi nommé principe de parcimonie), heuristique féconde en épistémologie, invite à préférer les explications simples, lorsque c'est possible sans introduire d'entités non indispensables. C'est le cas ici si le phénomène peut s'expliquer simplement à partir des connaissances statistiques actuelles (loi des séries, par exemple : les probabilités nous indiquent qu'une "main parfaite" au bridge doit sortir de temps en temps).
Il y eut des tentatives de rapprochement entre la synchronicité et le paradoxe EPR.[5] Comme toutes les récupérations de cet effet, celle-ci s'estompa quand les physiciens étalèrent une interprétation de l'effet EPR en renonçant à la localité.
Un mauvais usage de la statistique [modifier]
Un évènement statistiquement improbable n'a, par définition, que très peu de chances de se produire. Mais si on analyse une large quantité d'évènements improbables, il y a toutes les chances qu'il puisse s'en produire un (dans la mesure où la quantité d'évènements est inversement proportionnelle à la probabilité de chaque évènement). Les coïncidences acausales sont elles aussi fortement improbables, mais en raison même de la variété et de la quantité de ces coïncidences, la probabilité que l'une d'elle au moins se produise est très forte. Par extension, il est fortement improbable que jamais n'apparaissent une de ces coïncidences[6].
Richard Feynman cite un moment où il eut un pressentiment que sa grand-mère venait de mourir. À ce moment, le téléphone sonne, et c'était un appel de ses parents. Il s'enquiert immédiatement de la santé de sa grand-mère : il se trouve que celle-ci se portait très bien. Or qui pense à compter le nombre de coïncidences non réalisées ?
Des coïncidences non-espérées [modifier]
Dans le cadre de la synchronicité, le biais est double puisque les évènements improbables ne sont pas attendus. Il ne s'agit pas d'attendre un évènement donné mais un signe. La fiabilité du résultat ne dépend donc que de l'interprétation de l'expérimentateur, ce qui n'est pas admissible dans un cadre scientifique. De plus, il ne s'agit plus d'attendre un évènement fortement improbable, mais bien de tirer un évènement qui s'est produit (une coïncidence dans le cas de la synchronicité) et de constater qu'il était en effet tout à fait improbable. L'ensemble des coïncidences admissibles et acausales est extrêmement large face à la probabilité de chaque coïncidence. Il est donc très probable qu'un de ces évènements se produise. « Si vous allez voir un nombre gigantesque d'endroits et considérez comme une preuve tout ce sur quoi vous tombez, vous êtes sûr de découvrir du sens là ou il n'y en a pas. »[7](voir Paradoxe de Hempel)
En psychologie, le processus tendant à considérer comme des choix personnels dictés par une attitude rationnelle ce qui est souvent le résultat de concours de circonstances s'appelle la rationalisation. Le processus de reconnaître des symboles ou des motifs dans des données aléatoires ou sans sens particulier s'appelle apophénie.
Umberto Eco a raillé cette propension à la recherche de coïncidences dans un de ses romans :
Il ouvrit tout grands et théâtralement les battants, nous invita à venir voir et nous montra, au loin, à l’angle de la ruelle et des avenues, un petit kiosque de bois où se vendaient probablement les billets de la loterie de Merano.
« Messieurs, dit-il, je vous invite à aller mesurer ce kiosque. Vous verrez que la longueur de l’éventaire est de 149 centimètres, c’est-à-dire un cent-milliardième de la distance Terre-Soleil. La hauteur postérieure divisée par la largeur de l’ouverture fait 176 : 56 = 3,14. La hauteur antérieure est de 19 décimètres, c’est-à-dire égale au nombre d’années du cycle lunaire grec. La somme des hauteurs des deux arêtes antérieures et des deux arêtes postérieures fait 190 x 2 + 176 x 2 = 732, qui est la date de la victoire de Poitiers. L’épaisseur de l’éventaire est de 3,10 centimètres et la largeur de l’encadrement de l’ouverture de 8,8 centimètres. En remplaçant les nombres entiers par la lettre alphabétique correspondante, nous aurons C10H8, qui est la formule de la naphtaline. »[8]
Le paradoxe des anniversaires est un exemple de paradoxe probabiliste qui montre comment l'esprit humain peut voir une coïncidence surprenante là où les lois des probabilités prédisaient que la collision était en fait très vraisemblable.
Références : [modifier]
Bibliographie [modifier]
Cahiers de Psychologie jungienne, n°28, 1er trimestre 1981.
Carl Gustav Jung, Dialectique du Moi et de l'Inconscient, (ISBN 2-07-032372-2).
Carl Gustav Jung , Sur l’Interprétation des rêves, Albin Michel, 1998 p 218.
Paul Radin, The Trickster: A Study in Native American Mythology, 1956 (ISBN 978-0805203516).
Carl Gustav Jung, Paul Radin, Le Fripon divin: un mythe indien , ouvrage collective avec Radin et Kerényi, éditions Librairie de l'Université, Georg et Cie, 1958.
L'univers informé : La quête de la science pour comprendre le champ de la cohérence universelle de Lynne McTaggart, Annie Ollivier, 2006.
Notes [modifier]
↑ a b Erik Pigani," Provoquer des hasards heureux, c’est possible! ", Psychologies, septembre 1999.
↑ La synchronicité selon Jung,
http://www.alliancespirite.org/dossier-4.html. ↑ Correspondance 1932-1958. Albin Michel, 2000.
↑ Hubert Reeves, " Incursion dans le monde acausal "La Synchronicité, l’Âme et la Science, Éd. Poiesis, Diff. Payot, 1984.
↑ Philosophie et spiritualité
↑ Broch & Charpak réservent une partie de leur livre pour détailler ce point, en commentant une photographie réalisée par l'un d'entre eux, photographie troublante puisque faisant apparaître un phénomène tout à fait improbable. Lire Georges Charpak et Henri Broch, Devenez sorciers, devenez savants !, Odile Jacob, Sciences, 2002.
↑ John Ruscio. The Perils of Post-Hockery, Skeptical Inquirer, November/December 1998 in [1]
↑ Umberto Eco. Le pendule de Foucault
Liens externes [modifier]
(fr) Hans Primäs, "Synchronicité et Hasard", étude de l'importante contribution de Pauli dans la définition de la synchronicité par C.G. Jung. Article original : "Synchronizität und Zufall", H. Primäs, Zeitschrift für Parapsychologie und Grenzgebiete der Psychologie, 38, n° 1/2, 1996, p.61-91.
(fr) La synchronicité selon Jung par l'Alliance Spirite
(fr) Textes sur la synchronicité par Frédéric Hurteau
(fr) De l’expérience imaginaire EPR à la synchronicité par Guy Lévrier
(en) Coincidences: Remarkable or Random? (Coincidences : significatives ou aléatoires?) par le Committee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal