FORUM SURDOUES-INFO

Forum de discussion du site SURDOUES-INFO http://surdoues.info
 
AccueilAccueil  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Inhibition émotionnelle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Vince
Membre


Age: 35
Date d'inscription: 08/06/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Dim 6 Juil - 23:42

Je peux rajouter que c'est un processus violent pour soi car on ne laisse pas le corps exulter la douleur, on ne se laisse pas aller...

Je suis trop content de trouver des similitudes chez d'autres personnes. J'ai vite su que j'étais surdoué sans mettre un mot la dessus, ça m'a beaucoup fait souffrir. A un moment de ma vie, j'ai même cru être cinglé....
geek
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Dim 6 Juil - 23:50

C'est vrai que l'on s'enferme sur nos émotions. Quand mon fils est décédé, j'ai pris la nouvelle comme normale, comme si je m'y attendais.

Mais quand je vois un oiseau à moitié infirme à cause d'une aile brisée, cela me la fout mal.

J'ai beau expliquer aux gens qui m'entourent, certains ne trouvent pas normal de ne pas pleurer mon fils comme les pleureuses grecques. Là aussi, j'ai cru que j'étais cinglée.

Heureusement ce doute m'est assez vite passé.
Revenir en haut Aller en bas
Vince
Membre


Age: 35
Date d'inscription: 08/06/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 0:20

Christine a écrit:
j'ai pris la nouvelle comme normale, comme si je m'y attendais.

Exactement, c'est dingue qu'on ait le même sentiment. dans ces moments là, on a l'impression d'être des monstres incapables de réagir 'normalement'.
On analyse la situation comme un problème de math même si on est personnellement et émotionnellement impliqué
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 0:40

Bèn quelque part nous sommes fort terre à terre. quand on sait que quelqu'un est mort, on sait que forcément il ne vivra plus. L'épisode est passé et on tourne la page assez facilement.

Ceci ne veut pas dire que je ne pense pas à lui, au contraire. Mais, mes pensées vis à vis de mon fils sont très intimes et ne me font pas du mal. Au contraire, elles sont positives et elles me font du bien.

J'ai une amie que j'ai revue après 20 ans, elle m'a carrément insultée en disant que j'étais anormale de ne pas pleurer mon fils. Elle par contre elle pleure son père depuis 15 ans.

Je n'ai rien dit par respect de cette amitié de plus de 30 ans, mais je me suis sentie bien, par rapport à elle. Cela fait 15 ans qu'elle est en dépression. Moi, avec le décès d'une partie de mes enrailles, je n'ai même as eu de dépression. J'ai choisi de prendre du recul émotionnel (avec l'aide d'un ami médecin pour les certificats médicaux) et je me suis emise en question complètement.

Pour finir, je m'en suis sortie plutôt grandie. Avec moins de peurs. J'ai pris de grosses décisions, c'est à ce moement là le fameux coup de balia dans les "soi-disants" amis!
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 0:41

oh zut, il y a des touches qui manquent dans mon messages Laughing
Revenir en haut Aller en bas
kotek
Membre


Date d'inscription: 01/07/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 0:41

voilà aussi pourquoi on reagit froidement, avec sang-froid dira l'entourage, dans des situations qui depasseraient certains d'entre eux (annonce de maladie, rupture soudaine, tout accrochage de la vie brusque)

d'autres appelleront cela du courage, de la force;
pour moi, ce n'en est pas.

en fait, on ne peut pas reagir autrement: on ne le sait pas.

bon, je pense à mon cas, où du fait de multiples "accidents de vie", on me serine avec ma force, et bla et bla, mais objectivement je ne peux pas, moi, parler de force puisque je ne sais pas m'y adapter autrement!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 0:45

Je suis contente que tu me dise cela Kotek. J'avais l'impression que c'était ma spiritualité qui me dictait cette réaction. Ce n'est peut-être pas le cas. C'est bien d'avoir des doutes, cela fait avancer son "soi".
Revenir en haut Aller en bas
kotek
Membre


Date d'inscription: 01/07/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 0:49

Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vince
Membre


Age: 35
Date d'inscription: 08/06/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 1:30

Je suis d'accord avec ça les insomniaques...
à la base, le traitement de l'information est différent.
Je préfère être là quand les personnes sont vivantes, après,c'est simplement trop tard.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
frclt
Membre


Date d'inscription: 02/04/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 2:16

Christine a écrit:
j'ai pris la nouvelle comme normale, comme si je m'y attendais.


Est-ce que tu te prépares toujours au pire? Ou est-ce autrechose?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 5:42

frclt a écrit:
Christine a écrit:
j'ai pris la nouvelle comme normale, comme si je m'y attendais.


Est-ce que tu te prépares toujours au pire? Ou est-ce autrechose?


Non, je ne vois quasi jamais le pire. C'est comme si je le savais. Très difficile à expliquer. Comme si la vie m'avait déjà prévenu et que je ne reçois que la confirmation de ce que quelque part je savais déjà. Je reçois en fait la nouvelle comme une confirmation Neutral

Ici, mon fils est décédé à cause d'un accident de CO dans la salle de bain. Il a été ranimé par une piqure dans le coeur et respiration artificielle manuelle. Il a été amené dans un hopital où il a été mis sous respirateur artificiel. Avec un accident au CO, pour enlever le CO des poumons, il fallait qu'il aille dans un caisson de décompression, d'où changement d'hopital. Arrivée au 2ème hopital, on a fait un scan du cerveau, et c'est là qu'ils ont remarqué qu'il n'y avait plus d'activité cérébrale.

Attention, je ne dis pas que je n'ai pas eu de peine hein. C'est justement cela qui est tellement bizarre. J'ai eu de la peine au moment de l'annonce, mais en même temps j'étais soulagée que l'on me confirme ce que j'avais déjà ressenti.


Bien sur que j'ai pleuré sa perte de manière affective. Mais pas vraiment longtemps. Le lendemain c'était fini. Je n'ai plus pleuré. Par contre, à la morgue, quand je suis allée le voir, j'étais remplie d'amour très fort. Vraiment du positif. A l'enterrement, c'est comme si je semblais tellement lointaine, la vie n'était qu'autmatisme.

Il y a des fois où mon fils me manque terriblement et la les émotions sortent. Mais je dirais que c'est 1 ou 2 fois par an et la crise de pleurs ne dure même pas une heure. C'est comme si ma nature profonde reprenait vite le dessus.
Revenir en haut Aller en bas
Line
Membre


Date d'inscription: 01/06/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 7:33

Et bien Christine, j'ai envie de réagir à ton témoignage par rapport à ton fils. Je ne sais pas trop quels mots employés pour exprimer mes pensées. D'un côté, j'ai envie de te dire bravo pour ta façon d'avoir apréhender cette épreuve de la vie mais le "bravo" me semble déplacé vu les circonstances. Mais l'idée est là.

C'est rare et probablement un peu typique des hp de décrire une situation sincèrement même si elle est jugée "indéscente" pour la plupart des gens dit "normaux" qui à ta place se complairaient dans une vie de pleurs et de douleur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Lun 7 Juil - 8:04

Je ne suis pas susceptible tu sais Laughing et un bravo ne me semble pas déplacé. La vie m'a donné ce cadeau la: ne pas avoir peur de la mort.

Mais par contre, par rapport à cela, j'ai été placée face à un dilemne. Quand je vais me présenter pour un boulot intérim, on vous pose toujours la question: avez vous des enfants?

La le dilemne commence dans ma tête. Qu'est-ce que je fais? Dis je que je n'en ai plus qu'un? Alors j'ai l'impression d 'enterrer mon fils à chaque fois que je l'enlève de mon existence. Or il a fait partie entièrement de moi.

Dire que j'en ai deux, avec la chance qu'ils me demandent ce qu'ils font dans la vie? Et devoir répondre, il y en a un qui se repose définitivement et l'autre qui étudie? Ce genre d'humour n'est pas très apprécié lors d'un entretien d'embauche. Confronter la mort à des étrangers donne un malaise pour l'autre. Mais moi, je n'ai pas envie de sortir mon fils de mon existence actuelle non plus. Il reste encore et toujours partie de moi.
Si je ne le mentionne pas, je me sens triste et j'ai une impression de trahison vis à vis de la vie et vis à vis de lui.

alors j'ai enfin trouvé la parade, je les préviens de ce que je vais dire va peut-être les choquer, mais qu'ils ne doivent pas s'en inquiéter et que je vais très bien, puis je leur dit. Ca passe en général. Même s'ils sont étonnés.

Mais qu'est ce que j'ai du me creuser les méninges pour arriver à ce compromis Laughing Laughing Laughing
Revenir en haut Aller en bas
DDS
Membre


Age: 22
Date d'inscription: 03/07/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Mar 8 Juil - 3:16

(C'est fou à quel point on peut se retrouver dans les témoignages des autres, même de ceux qui mènent une vie totalement différente...
Ce qui fait mal, c'est de se heurter à l'incompréhension. J'ai moi aussi ce besoin d'isolement soudain que personne ne comprend, avec les railleries qui vont avec, la sensibilité au bruit, au monde, et tout ce dont vous avez parlé... Parfois pour paraître normal lorsqu'il m'arrive un malheur, je simule la tristesse.)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tiktak
Membre


Date d'inscription: 05/05/2008

MessageSujet: Re: Inhibition émotionnelle   Mar 8 Juil - 8:43

Dans beaucoup de circonstances, j'ai fini par donner la réaction (pleurs, repentir) qu'on attendait de moi, histoire qu'on cesse de me regarder comme si je commettais un crime de lèse-société.

Je ne montrais aucune contrition sur le moment, parce qu'à mon idée, ce qui est fait est fait, et la chose suivante logique à faire est de rebondir sur ce qu'on vient d'apprendre.

Paradoxalement, ça m'a amenée à faire très vite un travail profond de thérapie. Le bonus pour moi, ça a été pour pas mal de choses de départager clairement dans ma tête les moments où le rôle est nécessaire, et ceux où se montrer avec ses idées paie; au lieu de confondre les deux jusqu'à me mettre jusqu'au cou dans la panade des conflits de rôles.

Ceci dit, j'y arrive mieux à certains moments qu'à d'autres.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Inhibition émotionnelle

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
FORUM SURDOUES-INFO :: Les spécificités intellectuelles et affectives des surdoués :: Hypersensibilité-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet